Le reste

Le Reste

 

Issues des déchets d’autres sculptures céramiques et résidus de coffrages de moules en plâtre, ces formes invitent le public à questionner la notion d’écologie. Cette réalité collective est mise en parallèle avec l’esthétisme. Loin de vouloir séduire, Julia Huteau nous donne à voir la forme brute. Ici plus rien n’est caché ou fignolé, c’est la spontanéité, le geste ou parfois la trace de la machine qui prédomine (formes extrudés ou estampés).

Aujourd’hui la série Le Reste est surement celle représentant le mieux la dualité de l’artiste. Ici le brut et le raffiné cohabitent. Ils invitent le spectateur à reconsidérer l’œuvre dans sa totalité en lui donnant une ouverture nouvelle.

C’est aussi une série personnelle qui évoque les origines. La première approche en céramique de Julia Huteau commence très tôt, elle a alors 16 ans : J’ai commencé la céramique en 1998, chez des potiers dans le Vaucluse. Nous revisitions, à l’aide d’un mélange de terres (un grès gris et une faïence chaude) des formes traditionnelles de Tamba, village Japonais. A cet âge là je n’aimais qu’une chose : les grands contenants très bruts et cuits au bois que nous fabriquions. J’y ai appris le colombin et l’estampage qui sont des techniques qui me servent aujourd’hui dans le façonnage de mes grandes sculptures. 

En redonnant une place à l’aspect brut de la matière, l’artiste se rappelle d’où elle vient. Pour renforcer la suggestion des origines, elle choisie de donner à ces recherches le nom du lieu dans lequel elle a grandi, Le Reste.

L’on comprend ainsi avec cette histoire que le positionnement artistique de Julia Huteau a l’ambition de faire un pont entre histoire de la poterie et art contemporain.