Aujourd’hui, le fait d’avoir choisi de manière radicale la sculpture me renvoie à mon aspiration première dans le domaine de la céramique : la poterie. J’aime les poteries traditionnelles et plus particulièrement les terres vernissées des régions qui m’ont attirées vers la céramique. J’admire la simplicité des terres vernissées blanc crème et décorées au fer de St-Quentin-la-Poterie et Dieulefit (les deux écoles que j’ai faites en céramique), ou encore les fontaines émaillées vert de Cliousclat. La terre et la forme sont chaleureuses, populaires, généreuses. Les maladresses visibles leur donnent du caractère, les rendent touchantes et belles. L’émail au plomb prend une patine magnifique avec le temps.

J’ai commencé la céramique en 1998. Après avoir essuyé des refus dans toute la Bretagne, région d’où je viens, j’ai fini par trouver des potiers prêts à me recevoir en apprentissage dans le Vaucluse. Nous revisitions, à l’aide d’un mélange de terres (un grès gris et une faïence chaude) des formes traditionnelles de Tamba, village Japonais. A cet âge-là (j’avais alors 16 ans) je n’aimais qu’une chose : les grands contenants bruts et cuits au bois que nous fabriquions. J’y ai appris le colombin et l’estampage, des techniques qui me servent aujourd’hui dans le façonnage de mes grandes sculptures.

Comme ce qui m’intéresse dans mon métier et dans la vie en général est principalement apprendre, je n’en suis pas restée là. Je suis fascinée par tous les champs que me propose la céramique, l’histoire, l’art et la science (mélange des matières premières et transformation par le feu). A présent, la mise en espace des formes que je crée est primordiale. Je ne souhaite pas forcément faire des objets qui se suffisent à eux même. Je veux considérer le vide autour pour pouvoir les animer, pour que la forme ne soit pas un objet mais une forme dans un espace donné. Je veux découvrir d’autres aspects de l’art, mais sans oublier d’où je viens.